Parce qu’internet est un espace d’exposition à part entière, j’ai décidé d’y héberger une partie de mes images en prenant soin de les assembler de manière à rendre leur lecture plus agréable. Même si la forme peut y faire penser, ceci n’est pas un blog dans la mesure où l’ordre n’est pas antéchronologique. Ce site n’est pas optimisé pour les téléphones portables et vu la quantité d’images qu’il contient le chargement peut être assez long. Vous m’en voyez désolé.

Si les directions sont multiples, les sens nombreux, si le paradoxe règne, c’est une probable trace d’existence que je dévoile dans un chaos péniblement ordonné. Rien n’est définitif, ce travail est un flot d’images en constante évolution. Même si parfois l’origine ou l’identité de l’image s’avère troublante tant les écarts esthétiques sont grands, il n’ y a qu’un œil derrière tout ça. Peu importe la caméra que j’utilise, je veux une image documentaire, qu’elle soit vidéo ou photographique. C’est en assemblant ensuite des images provenant de temps et d’espaces différents que je crée une fiction.

Le matériel de mon œuvre je le puise dans mon quotidien, au travers de mes errances ou de ma routine. Pour autant je ne considère pas que cela soit un travail autobiographique, c’est surtout une zone mentale et poétique où l’image est parfois remise en question.

Dans ma pratique je me pose comme le spectateur conscient de l’espace, du temps et je capture notre époque en explorant mon environnement et ses infinis possibles. Je crée des images en saisissant des fragments d’histoires, des détails délaissés ou des esthétiques négligées. Ce terreau documentaire sans frontières entre l’espace privé et l’espace public est le témoin de ce qui a été, d’immuables instants qui ramènent le passé à l’existence. En mélangeant ces images je les arrache à leur contexte. J’aimerais ne faire que des images sans indice temporel ou géographique. Je veux créer un flou et une ambiguïté propre aux rêves.

Mon travail constitue une œuvre mélancolique où je me mets au service de l’émotion que procurent les images. Une image est ce qu’il m’arrive de retenir de ce monde et ce que je retiens de ce monde devient mon monde.

Souvent je rephotographie mes propres images ce qui constitue non seulement un lien entre des temps différents mais aussi une passerelle entre l’art vidéo et la photo. C’est un jeu esthétique dans la forme et une réflexion existentielle dans le fond. À l’époque où tout le monde retouche ses images avec des filtres pré-faits je créais mes propres filtres en ponçant des téléviseurs dans lesquels j’intègre auparavant mes photographies. Je dégrade ainsi mes images, leur enlève de la définition et par ce geste, questionne le passage du temps sur la mémoire.

Comme bon nombre de gens aujourd’hui j’ai parfois la sensation d’être intrinsèquement lié à l’écran. L’écran devient un miroir de nous-même, c’est un espace intime dans lequel nous vivons et nous développons des sentiments. Ainsi ce flot d’images perpétuel qui nous vampirise vient redéfinir les frontières entre le réel et le virtuel.

Les chapitres I, II, III, IV, V, VI, VII, VIII, IX, X… hébergent chacun une quarantaine de photographies provenant de différentes séries. Il n’y a pas de chronologie. Certaines sont issues de mes téléphones portables, d’autres sont des tirages argentiques scannés ou bien des rephotographies de mes propres images lues par des téléviseurs. Je pioche dans ma banque d’images personnelles que je collecte au fil des années et je les assemble pour créer du sens.

Les chapitres « London I & II » et « Fifteen Nights in Manhattan » présentent quant à eux des photographies prises avec le même appareil durant une période déterminée.

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